PAINTINGS 1995-1997

La ruine
Etat de grâce
La pleine lune
Chagrin
L'unique ouverture

  36 La ruine 130X162 25 06 1995 (oil on linen)

Au temps où j’ignorais tout de la vie des autres,  j’habitais une maison bâtie sur une ruine, j’écoutais le vent, il m’emmenait très loin. Bien au delà de la portée de mon regard. Là-bas un dictateur avait un tel pouvoir que ses limites étaient incontournables. Mais le vent tournait. Tournait dans tous les sens jusqu’à ce qu’il n’y ait  plus qu’une mémoire. Durachta, 2013




105 Etat de grâce 81X100 Bagnolet 20 01 1994 (oil on linen)

Quand j’y entrais, j’avais froid. Peut-être que ceux qu’on appelait, les fidèles recherchaient cette fraîcheur pour ressentir un peu de pitié. Une tête épaisse était venue. C’était solennel. Ce n’était pas la  fête. Cette cérémonie avait quelque chose de diabolique. J’étais une petite fille bavarde. Mais cette voûte me rappelait que peut-être, je ne ressemblerais jamais à un monstre. Qui se cachait sous ces habits d’apparat. Durachta, 2013





130 La pleine lune 81X100 Bagnolet 12 5 1995 (oil on linen)

C’était au moment où je sortais pour voir la nuit.  La lune m’a toujours étonnée. Derrière les arbres. Derrière les murs et même dans l’herbe, rien n’était mort alors que tout était endormi mais aussi lourd que si des corps étaient cachés aux alentours. Des corps qui n’auraient jamais eu de tombes.Durachta, 2013




290 Chagrin 81X96 Bagnolet 16 12 1996 (oil on linen)

L’homme habitait sur une hauteur. Il venait de très loin. Il avait tout emporté dans ses yeux. Seulement. C’était beau là où j’ai pu poser mon regard. La tiédeur  de l’été donnait de la douceur à sa tristesse.  Il se tenait comme un homme prêt à parler. Mais il n’a rien dit.  Durachta, 2013

 




327 L'unique ouverture 81X100 Varennes sur Amance 7 07 1997 (oil on linen)

La panique  m’empêchait de toucher de près, ce que je voyais pourtant sous mes yeux. Je fixais la fenêtre. Dans la rue, l’activité m’empêchait de dire, ce qu’il aurait fallu bien dire. Les mots avaient des visages alors pour ne pas les démasquer, j’essayais de les chasser en clignant des yeux.  Durachta, 2013